Soutien scolaire

A Madagascar, plus du tiers de la population est analphabète… La fermeture des écoles (hors « classes d’examen » : Terminales, 3èmes et 7èmes, qui ont cours le matin) depuis le mois de mars a amplifié la difficulté d’accès à l’éducation, une des problématiques majeures des habitant(e)s de « la Grande île » : aussi, pour éviter le décrochage scolaire avec des enfants au parcours majoritairement chaotique, nous avons mis en place des sessions de rattrapage (2 X 3 heures/ semaine) gratuites.

Merci à Patrice, qui nous a rapidement dotés d’une grande table, deux bancs, et a fourni aux enfants leur matériel pour écrire ! 

Grâce à Patrick et Sophie, nous avons pu rapidement construire un grand tableau, le premier tableau noir avec lequel nous avions démarré montrant de forts signes de fatigue !  Sur un support en contreplaqué, quelques couches d’ardoisine, et le tour est joué : le soutien scolaire peut se poursuivre avec de bien meilleurs outils.

Nathalie reprend avec le groupe les apprentissages « depuis le début », car la moitié des enfants ne savent pas écrire leur nom de famille au moment du démarrage de nos sessions de soutien scolaire…

Il est utile de préciser que les classes des écoles Malgaches, surtout celles du primaire, sont surchargées : on y atteint régulièrement la cinquantaine d’élèves. Les enseignants sont sous-payés et rarement formés correctement.  La mentalité collective concernant l’enseignement en classe de primaire n’accepte pas qu’un enfant se signale en posant une question lorsque l’on ne lui propose pas de le faire, la seule attitude attendue étant qu’il reste sagement sur son banc. Aussi, les enfants ne peuvent verbaliser en classe leur éventuelle difficulté à comprendre une notion, et faute d’une relation personnalisée à l’enseignant (ainsi, que -souvent- de parents en capacité de les accompagner dans les apprentissages) cumulent vite les lacunes.

Ce sont parmi les principales raisons pour lesquelles le soutien scolaire est primordial à Madagascar, et les parents qui le peuvent n’hésitent généralement pas à se sacrifier afin que leur progéniture puisse en bénéficier.

Nous n’avons pas vocation à nous substituer aux écoles, mais nous nous appliquons à pallier les manques des enfants, en priorisant l’acquisition de savoirs suivant le programme Malgache : une des constantes de nos actions est en effet de fournir un point d’appui aux enfants, afin qu’ils puissent ensuite (ré) accéder aux équipements scolaires présents sur leur zone d’habitation…

Nous procédons cependant différemment qu’au sein de l’école, en donnant la parole aux enfants, en prenant le temps avec eux de vérifier que les notions sont acquises (Nathalie fait preuve d’une patience hors du commun, et nous ne sommes pas soumis à un rythme imposé quant à l’avancée dans le programme).

Les enseignements sont délivrés en Français et en Malgache, car les programmes sont différents.

Une des difficultés récurrentes desdits programmes est que leur contenu change chaque année, de même, par exemple que les dates de vacances et de rentrée : ces modifications constantes, ainsi que la baisse constatée du niveau des enseignants font que le pays a connu l’an dernier les pires résultats jamais comptabilisés aux examens des premiers cycles.

Arnauld